
Cette anthologie est destinée aux amateurs et amatrices de poésie, et aux personnes curieuses qui souhaiteraient découvrir la culture traditionnelle de la Chine. À celles qui s'intéressent plus spécifiquement à l'histoire de la littérature chinoise, elle permet un aperçu rapide des œuvres lyriques de ces époques, moins connues que les textes poétiques des époques antérieures.
Ces poèmes sont extraits d'une anthologie bilingue plus large de la poésie chinoise tardive, en cours d'élaboration par l'auteur du site, et qui compte à ce jour les traductions de plus de deux cents poèmes. Elle sera diffusée sous une forme appropriée après révision des traductions.
Parmi l'anthologie ont été aussi identifiés dans le sommaire, pour les visiteurs intéressés par ces deux thèmes :
- par le signe [風], les poèmes de vent,
- par le signe [晚], les poèmes du soir ou du début de la nuit.
Le site offre de plus aux sinisants la possibilité de s'initier à la langue classique en complément d'un apprentissage du chinois moderne. Chaque poésie, présentée dans l'anthologie en caractères dits « traditionnels », est aussi accompagnée de sa transcription romanisée (pinyin avec accentuation) et, pour 37 des poèmes proposés, repérés dans le sommaire par le signe [漢], d'une page dynamique qui peut permettre d'apprendre les caractères chinois correspondants (graphie classique chinoise, ton, pinyin, principaux sens) en les présentant dans un ordre aléatoire ; soit au total pour l'ensemble de ces poèmes 675 caractères (ou sinogrammes), dont une bonne moitié font partie des plus courants de la langue chinoise moderne.
Mis à jour le 6 mars 2010.
*** NOUVEAU ! ***
Le Printemps des Poètes

Du 8 au 21 mars 2010, sur le thème Couleur femme (*)
"Disons-le sereinement, en poésie comme dans les autres domaines artistiques, la femme a le plus souvent été cantonnée à un rôle subalterne : muse, confidente, consolatrice… [...] La question n’est pas de débattre s’il y a ou non une poésie féminine. La question est de mettre en lumière l’apport, à travers l’histoire, des femmes poètes et leur présence remarquable dans la création contemporaine. Ce pourra être aussi l’occasion de considérer les représentations du féminin dans l’imaginaire poétique, au-delà des stéréotypes de la célébration amoureuse."
Jean-Pierre Siméon
* tiré du titre du recueil de Guénane Cade aux éditions Rougerie.
À la bonne heure ! J’avais déjà prévu, d’ici quelques temps, d’approfondir l’examen de l’œuvre et de la démarche poétique de cet écrivain d’exception. Mais je saisis l’occasion du thème de ce Printemps des Poètes, « Couleur femme », pour revenir sur celle qui fut l’un des plus grands parmi les poètes de l’histoire de la Chine, qui n’en manque pourtant pas.
La vie de Li Qingzhao 李清照 (Lǐ Qīng Zhào) (1084 – après 1149), grande Dame de la poésie, fut marquée par les vicissitudes du temps, quand elle dut fuir l’invasion du nord d’un empire Song quasi-moderne mais incapable de faire face aux pressions exercées sur ses frontières. Elle connut donc l’exil puis le veuvage, l'errance et la gêne, ce qui donne une teinte mélancolique à ses poèmes les plus tardifs. Elle écrivit beaucoup, presque tout fut perdu ; mais la cinquantaine de pièces qui nous restent sont un enchantement et apportent un témoignage éclatant de la hauteur de son inspiration et de son talent.
On a peine à croire, en lisant ces textes, qu’ils datent du début du XIIème siècle : leur auteur semble une contemporaine de Charles Baudelaire, de Stéphane Mallarmé, voire de René Char. Elle s’était surnommée 易安 : quelque chose qu’on pourrait traduire aujourd’hui, pour reprendre l’expression d’Arthur Rimbaud si juste dans son cas, par l’ «Alchimiste Fondatrice ».
Bien sûr, elle hérita d’une tradition poétique abondante et riche, et d’un langage, la langue classique chinoise, admirablement adapté à l’écriture de ce que nous considérons, depuis Les Fleurs du Mal, comme la poésie.
Mais, d’une part, elle inventa et déploya en écho à ses émotions des images d’une grande originalité, et d’autre part, elle poussa les possibilités expressives de ce langage jusqu’à leur limite, pour soutenir l’expression d’une sensibilité aussi vive que raffinée. Comme c’était de plus une scientifique (elle fut, avec son mari Zhao Mingcheng et d'autres, une pionnière de l’archéologie scientifique, avec analyse critique et catalogage des vestiges), il n’y a pas grand-chose, dans ces textes d’une grande rigueur, qui ait été laissé au hasard.
Après sa mort, beaucoup en Chine l’admirèrent, mais personne ne fut vraiment capable de poursuivre dans la voie qu’elle avait ouverte. Malgré le peu qu’il nous reste de son œuvre, sa contribution à la littérature mondiale est irremplaçable.
Voici donc quelques-uns de ses poèmes, avec pas moins de dix nouveaux textes pour cette exceptionnelle occasion.
Et encore :
Quinze Poèmes Chinois pour les enfants. Découvrir le monde et découvrir les mots, cela va ensemble : c'est pourquoi l'enfance (petite et grande) est un moment privilégié de découverte de la poésie, pour autant qu'on ne le transforme pas en exercice rébarbatif.
Trop d'images électroniques papillonnent devant les yeux de nos jeunes, où se trouve certes parfois le meilleur, mais aussi souvent le pire. Offrons-leur plutôt des occasions de s'ouvrir vers l'imaginaire. Incarné dans les mots, le rêve n'est plus illusion : mais plutôt ce qu’on a souvent appelé "la vie intérieure".
On s'est risqué donc à rassembler en format livre, téléchargeable en fichier pdf, une quinzaine de poèmes choisis,
plus faciles à aborder pour de jeunes lecteurs, éventuellement assistés d'un adulte, que la plupart de ceux qui figurent dans le reste de l'anthologie. Voici donc Quinze Poèmes Chinois pour les enfants.
(Ceci peut-il encore intéresser les adolescents d’aujourd’hui ? Lorsque je proteste que ses raperies me cassent les oreilles, mon fils de douze ans me répond en citant ce promoteur de l’orthodoxie confucéenne qu’est Mencius (vers 380-289 avant J.C.) : 直好世俗之樂耳 (Mencius, livre 1 – partie B – section 1) : « je n’aime que la musique populaire d’aujourd’hui ». Justement, je connais plusieurs poèmes de Su Dongpo, de Li Qingzhao et d’autres auteurs, qui non seulement ne perdraient rien à être utilisés pour le rap, mais encore donneraient un peu plus de recul, de hauteur et de puissance à ce genre qui s’adonne à la mélancolie).
Ce qui est classique ne se démode pas et traverse les âges : tels sont ces poèmes pour enfants.
Comment ? de recul, de sérénité, les adultes auraient aussi besoin ? Eh bien, ce recueil pourrait dans ce cas les intéresser aussi. Poésie pour enfants ne veut point dire poésie infantile.
L'écriture chinoise : qu'est-ce que c'est ? Comme, en chinois, les mots sont caractères, on a adjoint au recueil et au site quelques éclaircissements sur la façon dont s'est formée l'écriture chinoise.
L'inédit du mois. Désormais sera mis en ligne au début de chaque mois (à peu près entre le 5 et le 10) un poème inédit et, de préférence, dont la traduction en français n'a jamais été réalisée ou reste difficilement accessible. Un bref commentaire pourra en relever l'intérêt particulier. Ce texte sera renouvelé chaque mois.
Un flux RSS pour Vent du Soir : les habitués du site auront remarqué qu’ils n’ont nul besoin d’être en permanence sur le qui-vive de crainte de manquer une mise à jour : nulle source de stress, là encore… Même si ledit flux ne saurait être qu’un léger zéphyr, il pourra leur permettre d’être aussitôt informés des nouveautés. Nous vivons une époque moderne !
« Mon livre m’a fait autant que je l’ai fait » écrivait (à peu près) Montaigne. Les sinologues avertis qui visitent le site auront probablement noté quelques interprétations difficilement acceptables, voire quelques erreurs manifestes, dans certaines des traductions — ce sont surtout celles des débuts. Quoique ce genre de choses se rencontre dans les meilleurs ouvrages dès qu’il s’agit de chinois classique, qu’ils se rassurent : le processus de révision des textes est engagé et devrait être mené à bien au cours du premier semestre 2010.
Et toujours :
Deux grands textes classiques de la littérature chinoise (avec contexte historique et notes) :
La Chronique de la Source aux Fleurs de Pêchers de Tao Yuan Ming (365-427) : une utopie à la chinoise, l’évocation d’une société idéale isolée des vicissitudes de l’histoire dans le repli d’une montagne. Un mythe de référence pour les poètes chinois qui suivront.
La Ballade de Mulan : une poésie populaire de l’époque des Dynasties du Nord (386-581). Une jeune fille part incognito défendre les frontières chinoises à la place de son père. Le poème qui a inspiré le dessin animé, ici en version originale sous-titrée et en exclusivité sur la Toile francophone !
Quelques œuvres classiques très célèbres de l’époque Tang :
D’abord le poème sans doute le plus su et le plus récité de la planète, car tous les écoliers
chinois l’apprennent, Aube de printemps 春曉 de 孟浩然 Mèng Hào Rán : tout en subtilité, gracieux comme une trille d’oiseau dans la torpeur du réveil, il mérite largement la réputation dont il jouit.
Le désarroi de 陳子昂 Chén Zǐ Áng devant l’immensité de l’espace et du temps, très connu
aussi : Complainte du haut de la tour du Pays Perdu.
Une courte poésie de 王維 Wáng Wéi (701 – 761), l'un des plus grand poètes Táng, Les adieux, un chef-d'œuvre de simplicité classique, qu’on pourra comparer avec les œuvres plus tardives du florilège.
Un poème du grand 李白 Lǐ Bó Sous la lune seul à boire dont nous risquons ici une interprétation légèrement différente de celles qui sont usuellement proposées.
On a également ajouté quelques remarques sur des traductions suscitées par l’expérience des textes poétiques en chinois classique, et susceptibles d’être complétées au fil du temps.
Les caractères 晚風 ("Vent du soir") qui s’inscrivent sur le fond sont un détail (les deux derniers caractères) d’une célèbre calligraphie de l’empereur Huizong 宋徽宗 dont on a tenté de reconstituer la dynamique des traits de pinceau…
L’illustration de tête de page a été réalisée par l'auteur du site à l’aide du logiciel Terragen 2.
Ce site avait eu précédemment pour adresse http://home.tele2.fr/labyrinthes.