Ce site présente
une anthologie de la poésie chinoise tardive (Xème au XVIIIème siècle). Plus de cinq cent cinquante poèmes chinois sont proposés avec le texte original en caractères chinois classiques et une nouvelle traduction française.
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une anthologie de la poésie chinoise tardive (Xème au XVIIIème siècle). Plus de cinq cent cinquante poèmes chinois sont proposés avec le texte original en caractères chinois classiques et une nouvelle traduction française.
Cette anthologie bilingue de la poésie chinoise, constituée poème après poème à partir des textes originaux, est destinée aux personnes qui aiment la poésie et qui trouveront dans les œuvres poétiques ici rassemblées l’expression d’un lyrisme inspiré à travers des compositions variées, souvent en tonalités élégiaques.
À celles qui s’intéressent plutôt à l’histoire de la littérature chinoise, ce recueil poétique permet aussi d’avoir une bonne idée des œuvres lyriques des époques tardives, avec les écrivains chinois majeurs que sont Ouyang Xiu, Su Dongpo, Li Qingzhao, Lu You, Xin Qiji, parmi beaucoup d’autres.
Enfin, pour ceux et celles qu’inspirent les voyages, ces textes littéraires évoquent aussi les caractéristiques particulières de la culture chinoise traditionnelle et de l’espace géographique qui appartiennent au contexte dans lequel ils furent composés, et sont toujours présents aujourd’hui.

Découvrir le monde et découvrir les mots, cela va ensemble : c'est pourquoi l'enfance (petite et grande) est un moment privilégié de découverte de la poésie.
On a donc rassemblé en format livre, téléchargeable en fichier pdf, epub et mobi, une quinzaine de poèmes, plus faciles à aborder pour de jeunes lecteurs, éventuellement assistés d'un adulte, que la plupart de ceux qui figurent dans le reste de l'anthologie. Ils sont remarquables par la fraîcheur et naturel de l’expression poétique, le pittoresque des scènes, l’authenticité du sentiment ou l’humour du propos. Il s’y trouve aussi un appendice sur l’écriture chinoise à destination du même public.
Soixante-dix pages de poèmes accompagnées d’une cinquantaine de pages d’introduction et de commentaire sur l’œuvre de la grande Dame de la poésie : voici
Les cinquante-huit odes de Li Qingzhao (李易安 en littérature). L'ouvrage est disponible sous format électronique (epub pour liseuse), chez Kobo et la Fnac.

Sa vie fut marquée par les vicissitudes du temps, dans un empire Song quasi-moderne sous les aspects sociaux, économiques, techniques et culturels, mais incapable de faire face aux pressions exercées sur ses frontières. Elle connut donc l’exil depuis le Nord envahi par les Jin vers le Yangzi, puis le veuvage, l'errance et la gêne, ce qui donne une teinte mélancolique, voire désespérée, à ses poèmes les plus tardifs. Elle écrivit beaucoup, presque tout fut perdu ; mais la cinquantaine de pièces qui nous restent sont un enchantement et apportent un témoignage éclatant sur la hauteur de son inspiration et de son talent.
Li Qingzhao semble un phare au sens baudelairien ; et, en ces temps amers, peut-être avons-nous besoin de ces phares plus que jamais.
Il faut souligner que la poésie a été une composante majeure de la littérature chinoise tout au long de son histoire, et c’est particulièrement le cas des odes 詞 d’époque Song. Par la suite, si d’autres genres littéraires occupèrent le devant de la scène tandis que la poésie chinoise se rapprochait elle-même de la peinture par le truchement du poème paysager, l’activité créatrice des poètes, devenue plus personnelle, ne se ralentit nullement.
C’est pourquoi les textes du recueil peuvent être également être lus du point de vue de l’histoire littéraire pour obtenir un aperçu des œuvres lyriques des périodes tardives, moins connues que celle des textes poétiques des époques antérieures, mais non moins dignes d’intérêt : l’histoire de la poésie dans la littérature chinoise ne s’arrête pas avec les poèmes Tang.
Il va de soi que ces œuvres poétiques sont aussi le reflet des conditions géographiques et climatiques du sous-continent chinois, des conditions historiques et politiques de l’empire et des évènements qui s’y sont déroulés, des conceptions philosophiques et religieuses de l’univers et de la société typiques de la civilisation chinoise ; et, d’une façon générale, de tout ce qui a trait à la culture et aux traditions chinoises.
Mots-clés
automne ciel cœur fleurs fleuve froid jade jour larmes lune neige nuages nuit pluie printemps rouge saules soir soleil tristesse vent
Après une longue période de calme sur le site, voici encore une cinquantaine d’œuvres, la plupart courtes, issues d’un célèbre recueil intitulé hyperboliquement 千家詩 Poèmes des Mille Maîtres, constitué à l’origine par 劉克莊 Liú Kè Zhuāng (1187 – 1269) à la fin des Song ; il regroupe des quatrains ou des huitains réguliers, d’inspiration et de facture tout à fait classiques dans l’univers de la poésie chinoise. On y trouve une fois encore de grands auteurs déjà bien présents ici, comme 蘇軾 Su Dongpo et 黃庭堅 Huang Tingjian, mais c’est aussi l’occasion d’introduire d’autres poètes des Song, dont 程顥 Cheng Hao (1032 – 1085) – l’un des précurseurs du néo-confucianisme, et 謝枋得 Xiè Fangde (1226 – 1289) par exemple.
Plus étoffé que le haiku japonais, le 絕句 quatrain chinois est une forme compacte qui permet d’installer assez de matière pour parfaire le développement du moment particulier que l’auteur souhaite évoquer.
Cette mise à jour a été également l’occasion de revoir les œuvres déjà publiées du grand 元好問 Yuan Haowen parfois difficiles à traduire, d’apporter pour certaines des corrections nécessaires et de les remettre à peu près dans un ordre chronologique.
Bertrand Goujard
Mis à jour le 31 décembre 2025.

Au sujet de la poésie, parmi bien d’autres thèmes liés à la traduction qu’il traite avec autant de pertinence que d’humour, David Bellos, dans son ouvrage Le Poisson et le Bananier – L’histoire fabuleuse de la traduction (à lire absolument), tourne en dérision au chapitre 13 l’idée reçue selon laquelle « la poésie est ce qui se perd à la traduction ».
Certes, pour ce qui nous concerne, chacun des trois mots du titre du présent paragraphe pose en soi une question :
- Qu’est-ce que traduire ? « Dire presque la même chose » selon Umberto Eco, mais tout est dans le « presque » bien sûr ! De plus, est-ce assez que ceci ? Est-ce tout ? Est-ce même vraiment cela ?
- Comment prendre en compte la dimension poétique, pour autant qu’on puisse l’identifier, ou plus exactement peut-être à défaut, la visée poétique des textes originaux ?
- Quelles sont les difficultés spécifiques (qui sont loin d’être négligeables) que pose la traduction du chinois classique qui est en œuvre ici ? Chinois classique qui n’est nullement la transcription d’une quelconque langue orale, mais (voir L'Idiot Chinois de Kyril Ryjik) un système graphique très particulier indépendant de toute nomination (même s’il peut être en poésie scandé et chanté) ; et dont de surcroît les textes existants de toute nature présentent le pli fâcheux de placer une confiance souvent démesurée dans le discernement et la culture de quiconque tente de les aborder !
Au fil de mon travail sur les traductions, je propose ici quelques réflexions plus ou moins générales et quelques exemples plus ou moins simples de la démarche du traducteur de poèmes chinois classiques.
In memoriam
À la mémoire des patriotes chinois
tombés sur la place de la Porte de la Paix Céleste
martyrs de la liberté
Juin 1989
北京 天安門 一九八九年六月