Dynastie chinoise des Song du Nord 北宋 (960 – 1127) – cinquième partie
- 毛滂 Máo Páng (1067 – 1120)
- Sur l’air de « Le génie des bords du fleuve »
- 惠洪 Huì Hóng (1071 – 1128)
- La balançoire ***NOUVEAU***
- 葉夢得 Yè Mèng Dé (1077 – 1148)
- Sur l’air de « Félicitations au nouveau marié »
- Sur l’air de « La Belle de Yu »
- 朱敦儒 Zhū Dūn Rú (1081 – 1159)
- Sur l’air d’« Un bonheur s’approche »
- Sur l’air d’« Un ciel de perdrix »
- Sur l’air d’« Au plaisir de se rencontrer »
- 宋徽宗 - 趙佶 Sòng Huī Zōng – Zhào Jí (1082 – 1135)
- Vent du soir
- Jours d’été
- Sur l’air de « Le pavillon du Mont des Hirondelles »
- Sur l’air de « D’un regard si charmeur »
- 李綱 Lĭ Gāng (1083 – 1140)
- Sur l’air de « Six odes infimes »
Note sur le poète
Les poésies de Mao Pang 毛滂 étaient très appréciées de Su Dongpo 蘇東坡, avec lequel il passa plusieurs mois à Hangzhou 杭州. Les dates de naissance et de mort de ce poète varient selon les sources avec une grande amplitude.
Note sur le poète
Zhu Dunru 朱敦儒 se refusa jusqu’à 51 ans à prendre toute charge officielle malgré sa réputation, puis occupa diverses responsabilités au service de l’État à partir de 1132, y compris sous l’autorité de l’ignoble premier ministre Qin Hui 秦檜, à la mort duquel il fut démis de ses fonctions. Ses œuvres, d’abord légères comme celle-ci, prirent ensuite un air de gravité en accord avec les malheurs du pays. Il fut aussi peintre et calligraphe.
Note sur le poète
Le pouvoir impérial échut à Zhao Ji 趙佶, l’empereur Huizong 宋徽宗, en 1101 par la suite d’un concours de circonstances ; il n’a pas dix-huit ans, et n’avait été nullement préparé au pouvoir, qu’il exercera bien mal. Pourtant, son règne durera vingt-cinq ans et ne sera interrompu que par l’invasion du pays en 1125 par les Jürchen. Du point de vue politique, c’est la pire chose qui pouvait arriver à la Chine dans le contexte des difficultés rencontrées sur les frontières. Pourtant, c’est aussi Huizong qui, par son action personnelle, conduira la civilisation chinoise vers l’un de ses sommets – avant la chute dans les flammes et le sang.
Car l’empereur n’est pas une personnalité insignifiante. C’est un calligraphe exceptionnel et un grand peintre, comme l’attestent les œuvres qu’il nous a laissées ; les poèmes comme celui-ci, où il retrouve les meilleurs accents de Li Yu 李煜, montrent son talent littéraire. Ce grand collectionneur est aussi un théoricien de l’art pictural très avisé qui ne se contente pas de tenir le pinceau : il fonde et dirige personnellement l’académie impériale de peinture, qui deviendra un très actif centre de réflexion, de formation et de création artistique dans de magnifiques jardins : l’influence de cette institution sera durable dans toute la suite de l’art pictural chinois. Par opposition à la peinture des lettrés comme Su Dongpo 蘇東坡, subjective, spontanée et qui ne cherche pas à cacher les coups de pinceau, la peinture de ce qu’on pourrait appeler l’école de Huizong se consacre à la représentation de fleurs, d’oiseaux, et d’insectes minutieusement observés, mais également à des scènes de genre, dans des compositions élégantes parfaitement exécutées. Ainsi coexistent à l’époque Song les deux grandes tendances de la sensibilité picturale de la peinture chinoise qui se manifestent tout au long de son histoire.
Mais l’empereur n’a ni goût ni talent pour les affaires d’État. La Cour devient le lieu de toutes les intrigues et la corruption sévit. Les réformateurs sont revenus au pouvoir : les charges qui écrasent les paysans modestes sont consacrées à entretenir une armée aussi inefficace que pléthorique. Face à l’adversité, Huizong s’affole, laissant précipitamment le trône à son fils pour fuir lors de la première attaque des Jürchen sur Kaifeng en 1125. Puis, capturé avec lui et une partie de la Cour en 1127, il sera emmené en exil et mourra en captivité vers 1135, à un âge prématuré pour un Chinois de son époque et de sa condition.
Note sur le poète
L’un des hommes politiques les plus célèbres des Song du Sud, Li Gang 李綱 assura en 1126 la défense de Kaifeng attaquée par les Jin en organisant une armée de volontaires et fut nommé l’année suivante premier ministre par le nouvel empereur Gaozong 宋高宗. Il fut le chef de la faction résolue à reprendre le nord de la Chine aux envahisseurs mais ne put rester longtemps en poste, et lors d’une seconde offensive Kaifeng tomba définitivement. En butte à la faction pacifiste, il fut finalement exilé sur l’île de Hainan, puis, gracié, se retira de la vie publique à partir de 1130. La paix signée avec les Jin en 1139, par laquelle les Song se reconnaissaient comme vassaux et payaient tribut, le plongea dans une telle indignation qu’il en mourut l’année suivante. C’est donc toute la résolution d’un authentique patriote contraint à l’exil et à l’inaction qui s’exprime ici.