Anthologie bilingue de la poésie chinoise tardive

Yáng Wàn Lĭ (1127– 1206) :
La mouche transie

mouche De l’autre endosse frictionne, de Quand au l’ombre succéder, elle l’a pour

transie côté la je une qui soleil, pattes elle se s’ébattant la soleil va Brusquement décolle bourdonner à fenêtre.

La de fenêtre, découvre mouche le chaud Des deux clarté aurorale. anticipé, une autre

Ce qui est extraordinaire ici, ce n’est pas seulement que le poète ait choisi de composer à partir d’un sujet en apparence aussi insignifiant que les mouvements d’une mouche devant le carreau d’une fenêtre. C’est aussi que le texte est écrit littéralement du point de vue de la mouche, qui, mue par l’instinct, se déplace vers la source de chaleur : vie animale à l’état pur. Ainsi, aucun sentiment, aucun symbole, aucune moralité à tirer de la fable, ne viennent parasiter la description. Cette capacité à envisager la Nature dans une œuvre littéraire sans filtre anthropomorphiste est rarissime en Occident.

凍蠅

Dòng

yíng

隔窗偶見負暄蠅

chuāng
ŏu
jiàn

xuān
yíng
雙腳挼挲弄曉晴
Shuāng
jiǎo
nuó
suō
lòng
xiăo
qíng
日影欲移先會得

yĭng


xiān
huì

忽然飛落別窗聲

rán
fēi
luò
bié
chuāng
shēng

楊萬里

Yáng

Wàn



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