Anthologie bilingue de la poésie chinoise tardive

Sòng Huī Zōng - Zhào Jí (1082 – 1135) :
Sur l’air de « Le pavillon du Mont des Hirondelles »

l’air pavillon Hirondelles » marche vers à fleurs délicates rouge beautés en De honte mourir les Immortelles en elles nombreuses encore au ! de s’est ? s’ouvrir le doublé redoublé, Ce d’un ? Ciel distant, lointaine, mille monts, palais pas rêves il sans aux voici je plus.

Sur de « Le Mont le nord, la vue de Soie de en maintes épaisseurs, fard C’est nouveau style de qui répandent parfumées, du Palais des et vent et à la souffrance, Qui sait dans cour et désolée, Combien fois couché et confier fiel l’exil d’hirondelles, humain dix cours Qui saura où trouver ailleurs l’ancien Comment et ? Si dans les où espoir, Quand de que n’en fais

du des En d’abricotiers glace taillée découpée, De pliures Une légère touche de appliquée, un poudrées, Élégantes se vapeurs feraient Perles Boutons. Comme facilement flétrissent s’éparpillent, Plus pluie indifférents Tourment, la lugubre le soleil du printemps Pour de couple arriva-t-il Qu’il saisît les propos terre Par mille d’eau et ? ne méditer juger ce n’est m’arrivait d’échapper. C’est rêves, vrai,

Le pouvoir impérial échut à 徽宗 Huizong en 1101 à l’âge dix-huit ans par suite d’un concours de circonstances ; il n’y avait été nullement préparé. Pourtant, son règne durera 25 ans, et il ne fut interrompu que par l’invasion du pays en 1125 par les barbares Jürchen.

Huizong n’est pas une personnalité insignifiante, loin s’en faut. C’est un calligraphe exceptionnel, un grand peintre, comme l’attestent les œuvres qu’il nous a laissées, et, selon Simon Leys, qui s’y connait en matière de littérature, un bon poète. Un collectionneur et un théoricien de l’art pictural aussi, qui ne se contente pas de tenir le pinceau : il fonde et dirige personnellement l’académie impériale de peinture, qui deviendra un très actif centre de réflexion, de formation et de création artistique. L’académie rassemble aussi l’exceptionnelle collection d’œuvres antérieures constituée par Huizong, qui est mise à la disposition des artistes. L’influence de cette institution sera durable dans toute la suite de l’art pictural chinois.

Mais l’empereur n’a ni goût ni talent pour les affaires d’État. La Cour devient le lieu de toutes les intrigues entre factions rivales, les paysans modestes sont écrasés d’impôts, tandis que l’armée est aussi inefficace que pléthorique et coûteuse. Face à l’adversité, il s’affole, laissant précipitamment le trône à son fils pour fuir lors de la première attaque des Jürchen sur Kaifeng. Puis, capturé avec lui et une partie de la Cour en 1127, il sera emmené en exil et mourra en captivité vers 1135, à un âge prématuré pour un Chinois de son époque et de sa condition.

Ceci est le 詞 qu’il composa sur le chemin de son exil.

Ainsi se termina tristement la vie de ce souverain, qui avait payé de sa personne pour porter au plus haut le développement culturel de la Chine, et qui n’a peut-être eu que la malchance de ne pas rencontrer son Richelieu.

On appréciera, dans le texte présenté ici, avec le brusque changement de ton du milieu du poème qui marque la sortie du rêve et la confrontation à la brutale réalité, en une parfaite métaphore du déroulement de son règne, aussi bien la délicatesse de l’expression de l’artiste que la dignité et la sincérité de l’individu face au destin, qui révèlent des qualités humaines dont bien des dirigeants en d’autres temps et sous d’autres longitudes semblent dépourvus.

燕山亭

Yān

shān

tíng

北行見杏花
Bĕi
xíng
jiàn
xìng
huā
裁翦冰綃
Cái
jiăn
bīng
xiāo
輕叠數重
Qīng
dié
shù
chóng
淡著燕脂勻注
Dàn
zhuó
yān
zhī
yún
zhù
新樣靚妝
Xīn
yàng
jìng
zhuāng
艷溢香融
Yàn

xiāng
róng
羞殺蕊珠宮女
Xiū
shā
ruĭ
zhū
gōng

易得凋零


diāo
líng
更多少無情風雨
Gèng
duō
shăo

qíng
fēng

愁苦
Chóu

問院落淒涼
Wèn
yuàn
luò

liáng
幾番春暮

fān
chūn

憑寄離恨重重
Píng


hèn
chóng
chóng
者雙燕何曾
Zhĕ
shuāng
yàn

céng
會人言語
Huì
rén
yán

天遙地遠
Tiān
yáo

yuăn
萬水千山
Wàn
shuĭ
qiān
shān
知他故宮何處
Zhī


gōng

chù
怎不思量
Zĕn


liáng
除夢裏有時曾去
Chú
mèng

yŏu
shí
céng

無據


和夢也新來不做

mèng

xīn
lái

zuò

宋徽宗 - 趙佶

Sòng

Huī

Zōng

-

Zhào



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